De la mode à la mort, retour sur l’expo Savage Beauty : Alexander McQueen | sites de rencontres

De la mode à la mort

Cinq ans après sa mort, une expo revient sur l’œuvre du créateur anglais Alexander McQueen. Un instant magique et bouleversant.

Partir à la rencontre des créations d’Alexander McQueen n’est pas une expérience dont on ressort indemne. Entre l’émotion, l’angoisse, l’étonnement et l’émerveillement : les émotions se mêlent et nous transpercent devant chaque robe, chaque chaussure, chaque bijoux. Plus qu’une exposition, c’est un voyage initiatique. « Désormais, je ne ferai plus marche arrière. Je vais vous entraîner dans des voyages que jamais vous n’auriez pu imaginer » disait-il. Une phrase si représentative de son œuvre qu’elle clôture l’exposition. Mais nous ouvre à d’autres mondes.  Un voyage hors du commun Dès les premiers instants, on comprend que cette visite sera unique et poignante : dans la première salle, un portrait du créateur est projeté sur un mur noir. Petit à petit, le visage d’Alexander McQueen se métamorphose en tête de mort, le tout sur un fond musical funèbre. On est saisi par l’angoisse. Non seulement cette image nous rappelle le suicide du créateur mais aussi sa fascination pour les métamorphoses et la mort.  On poursuit la visite par deux salles où sont exposées des tailleurs, rappelant ainsi que le couturier a entamé sa carrière auprès des tailleurs de Savile Row à Londres. On entre ensuite dans une salle baroque où les mannequins sont cagoulés de masque en cuir, vêtus de sangles, de fourrure, de gants en cuir : une ambiance SM fortement empreinte de classicisme. Un mélange bluffant !  La salle qui nous fait basculer dans un autre monde et d’un tout autre genre. Il faut s’imaginer entrer dans une pièce sombre tapissée d’os et de tête de mort. Au plafond, une immense bulle d’eau où la vidéo d’une jeune femme est projetée. Là, on ne peut s’empêcher de penser que cette bulle ronde est synonyme du ventre de la mère et en sortir est une projection directe dans la mort. Une salle qui nous rappelle que le créateur était fusionnel avec sa mère et que la mort a toujours été très présente dans ses créations. Ici les robes sont directement inspirées de l’Afrique, fabriquées avec des matières premières comme le cuir, la fourrure, la terre… Un lieu synonyme du retour aux origines, donc.  On pénètre ensuite dans une pièce où l’on reconnaît la musique du film « Barry Lyndon ». Là encore les mannequins sont masqués, mais cette fois avec des cagoules dorées ornées de pierres rouges. Les tenues sont tantôt des tailleurs en tartan rouge ou de longues robes drapées. Les coupes et les ornements sont sublimes. À chaque robe on se rend compte du travail gargantuesque mais aussi de l’immense technique de ce créateur.  La salle suivante se nomme « Le cabinet des curiosités », et pour cause, des dizaines de chaussures, de chapeaux, de cagoules et de tenues sont exposés du sol au plafond. On ne sait plus où regarder. On ne sait plus où on est. Plus loin, stupéfaction ! On se retrouve face à l’hologramme de Kate Moss que le créateur avait conçu pour sa collection hiver 2005-2006. Émotion. Tout le génie créatif d’Alexander McQueen nous saute au visage.  On pénètre ensuite dans une pièce qui ressemble à une boîte à musique. Il y a des miroirs partout, les mannequins tournement sur eux mêmes et la musique est douce. Ici, l’inspiration est clairement asiatique. Une fois de plus, on est bluffé par le travail des matières, son esprit visionnaire et son univers si fantasmagorique.  L’exposition s’achève par la dernière collection d’Alexander McQueen qui a défilé en Octobre 2009 et où des silhouettes alien déambulaient sur le cawalk, telles des créatures venues du futur. C’est aussi dans ce défilé que l’on retrouve les fameuses chaussures Armadillo adorées par la chanteuse Lady Gaga.  À la fin de la visite, on a l’étrange sensation d’avoir pénétré dans le cerveau d’Alexander McQueen mais aussi dans son tombeau puisque chaque salle, chaque défilé, chaque silhouette et comme une invitation à la mort mais aussi à la mode. On se surprend d’ailleurs à faire le lien entre ces deux mots : mode et mort. Si proche phoniquement et pourtant si différent mais qui ont pourtant hanté le créateur toute sa vie.  Exposition « Alexander McQueen : Savage Beauty » au Victoria & Albert Museum à Londres. Jusqu’au 2 Août 2015.  L’astuce voyage de Cosmo : En partant avec l’Eurostar on bénéficie de l’offre « 2 for 1 ». Sur simple présentation du billet de train Eurostar, on a droit à 2 entrées pour le prix d’1 dans neufs musées londoniens dont le Victoria & Albert Museum pour l’expo « Savage Beauty : Alexander McQueen ». Le moment où jamais de se faire une expédition entre copines ! rens. sur eurostar.com. 

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